08. Mai 2026

Frontaliers: d’abord un salaire suisse – et maintenant des allocations de chômage suisses?

Les frontaliers sont rémunérés par des entreprises suisses. À présent, la Suisse est également censée financer l’intégralité de leurs allocations de chômage. L’UE a concocté une nouvelle règle à cet effet: à l’avenir, c’est l’État dans lequel une personne a travaillé en dernier lieu qui devra prendre en charge les allocations de chômage, comme le rapporte la Radio Télévision Suisse alémanique «SRF». 

De plus en plus de frontaliers

Cela reviendrait cher à la Suisse: bon nombre de frontaliers travaillent dans le pays, mais résident en France, en Allemagne, en Italie ou en Autriche. Le Secrétariat d’État à l’économie (SECO) table sur des surcoûts annuels compris entre 600 et 900 millions de francs. Depuis 2002, le nombre de frontaliers a triplé. Et si cette tendance perdure, les coûts devraient continuer à augmenter.

Pourtant, le modèle actuel fonctionnait plutôt bien pour la Suisse: elle versait aux pays voisins environ 300 millions de francs par an – pour les premiers mois de chômage. L’année dernière, parallèlement, les frontaliers ont versé quelque 600 millions de francs à l’assurance-chômage suisse. Au final, il en résultait un excédent de 300 millions. 

L’UE profite des frontaliers

Or, l’UE profite d’ores et déjà du modèle frontalier. En effet, les frontaliers consomment et résident principalement dans leur pays de résidence, dans l’UE. C’est là qu’ils s’acquittent également de leur impôt sur le revenu, bien qu’ils utilisent le réseau routier et ferroviaire suisse. Chaque jour, une grande partie des salaires suisses profite ainsi directement à l’UE. 

La Suisse a-t-elle la fortitude de dire non?

À l’avenir, la Suisse devra-t-elle donc également prendre en charge les chômeurs allemands, français et autres? Pas dans l’immédiat. Elle pourrait refuser cette disposition – mais celle-ci fait partie intégrante de l’accord sur la libre circulation des personnes. Si la Suisse approuve les accords-cadres avec l’UE, ceux-ci, de même qu’une foule d’autres décrets émanant de Bruxelles, seront automatiquement intégrés au droit suisse.