Phyllis Scholl: «Les particuliers doivent s’y atteler, puisqu’ils ne peuvent se fier aux informations fournies par les autorités.»
«J’ai été interloquée par le nombre de termes vagues utilisés. Je me suis alors mise à douter que les conseillers fédéraux aient réellement lu ces documents.» Telle a été la réaction de Phyllis Scholl, avocate et présidente de la commune de Kilchberg (PLR), quand elle a pris connaissance des traités avec l’UE pour la première fois, comme elle l’explique dans le quotidien «NZZ».
Les femmes, réveillez-vous!
Avec les entrepreneuses Sara Hürlimann et Karin Faes, elle a fondé la plateforme «Her Voice» dans le but de secouer les femmes et de leur montrer «qu’il ne s’agit pas d’un simple sujet économique à laisser aux hommes».
Pour Phyllis Scholl, les explications du Conseil fédéral relatives aux accords sont «en partie incomplètes et en partie erronées», ce qui l’irrite: «Il n’est pas normal que les particuliers soient obligés de se pencher à ce point sur un dossier pour la simple raison qu’ils ne peuvent se fier aux informations fournies par les autorités. J’attends des nombreux fonctionnaires fédéraux hautement qualifiés qu’ils en restituent correctement le contenu.»
Aucun avocat ne signerait
Phyllis Scholl appelle les responsables politiques à lire les textes des accords. Il s’avère alors rapidement qu’avec ces accords avec l’UE, la Suisse serait obligée de «reprendre tous les futurs actes juridiques dans ce domaine immense». «Aucun avocat ne conseillerait à son client de conclure un tel accord», assure Phyllis Scholl.
À quand un changement à la tête de l’UE?
Quelles sont les alternatives aux traités avec l’UE? Premièrement, la Suisse dispose d’un accord de libre-échange avec l’UE. Deuxièmement, Phyllis Scholl conseille d’attendre un roulement du personnel à la tête de l’UE. «La Commission européenne subit une pression croissante, la population des grands États membres étant extrêmement mécontente de la politique menée. À un moment donné, il faudra bien que la Commission européenne poursuive son travail avec de nouveaux dirigeants», déclare Phyllis Scholl à la «NZZ».
Une chose est claire à ses yeux: si la Suisse adopte les traités avec l’UE, ce sera la fin de l’autodétermination. Des cercles politiques de plus en plus larges en prennent conscience, comme l’ancien président du PLR Thierry Burkart, le conseiller aux États du Centre Beat Rieder, le maître à penser du PS Rudolf Strahm ainsi que d’innombrables entrepreneuses et entrepreneurs.