Wolfgang Reitzle, l’un des grands patrons les plus expérimentés dans l’UE, voit bien plus clair que nombre de fonctionnaires bernois en ce qui concerne les vraies conséquences des accords-cadres de la Suisse avec l’UE: «Ils entraîneraient une abolition progressive de la démocratie directe.»
Wolfgang Reitzle préside le conseil de surveillance de l’équipementier automobile Continental et a entre autres été président du directoire et président de Linde ainsi que président du conseil d’administration de Lafarge Holcim. Il vit aujourd’hui entre la Suisse et la Toscane.
Soumission au système juridique de l’UE
«Dans les secteurs économiquement pertinents, la Suisse peut conclure des accords commerciaux bilatéraux avec l’UE. Mais je ne comprends pas pourquoi le peuple suisse dans son ensemble devrait pour cela être soumis au système juridique de l’UE», déclare Wolfgang Reitzle dans un entretien avec le club d’affaires Efficiency Club. La version brève de cette interview est disponible sur X, Instagram, Facebook et LinkedIn.
Les décisions de la CJUE souvent politiques
Wolfgang Reitzle met également en garde contre la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE), instance suprême en cas de litiges: selon lui, elle ne se fonde pas toujours uniquement sur le droit lorsqu’elle rend ses jugements, car elle constitue aussi «une sorte d’organe exécutif de la Commission. Voilà pourquoi les décisions qu’elles rend sont politiques, surtout lorsqu’elles sont sensibles.»
Un système de surbureaucratisation
Pour cette raison, Wolfgang Reitzle se demande pourquoi la Suisse officielle espère tirer des avantages d’un accord qui la ferait «entrer dans un système de surbureaucratisation très médiocre qui affaiblirait durablement la Suisse et lui ôterait en définitive son indépendance.»
Que faut-il encore montrer au Conseil fédéral pour qu’il réalise que les accords-cadres existants torpilleraient le modèle de réussite suisse à long terme?